Christophe Lutundula souligne les progrès diplomatiques de la RDC face à l'agression rwandaise

Christophe Lutundula
Christophe Lutundula

Alors que les rebelles du M23, soutenus par Kigali (Rwanda), progressent sur le front militaire en élargissant leur influence dans la province du Nord-Kivu, le gouvernement de la République note de son côté d'énormes progrès réalisés dans le volet diplomatique en vue du rétablissement de la paix dans l'Est de la République Démocratique du Congo.

C'est ce qu'ont révélé Christophe Lutundula, VPM, ministre des Affaires Étrangères et de la Francophonie, et son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, lors d'un briefing presse co-animé lundi 26 mars 2024. Le chef de la diplomatie congolaise justifie cette position tout en se basant sur les différents communiqués finaux de plusieurs organisations régionales et continentales sur la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC.

"Pour la première fois, toutes les instances africaines ont reconnu à l'unanimité que le Congo fait face à une crise qui nécessite le retrait des troupes rwandaises et que la question congolaise doit être traitée par les Congolais eux-mêmes. Il s'agit là d'une avancée diplomatique significative étant donné que même le Rwanda reconnaît aujourd'hui sa responsabilité dans cette situation", a fait savoir Christophe Lutundula, VPM, ministre des Affaires Étrangères et de la Francophonie, dans son intervention, se référant aux assises du Conseil de Paix et Sécurité de l'Union Africaine, le sommet de la CEEAC, la Troïka de la SADC.

À l'en croire, l'action diplomatique telle que menée sous la direction du Président Félix Tshisekedi a produit plusieurs résultats satisfaisants.

"Oui, nous sommes satisfaits de l'action diplomatique. Nous avons obtenu la levée de l'obligation de déclaration des armes et munitions, ce qui nous a permis d'acheter des armes, requinquer nos forces de défense pour qu'elles résistent. Nous avons réussi à faire basculer l'opinion de ceux qui pensaient que tout ce que fait Kigali, ou racontait, était des paroles d'évangile. Avant, connaissez-vous un seul pays au monde qui a dit au Président Paul Kagame de retirer vos forces de la RDC ? Cessez de soutenir le M23, ceux qui hier le soutenaient, ont compris qu'en fait c'était du bluff. Le vrai problème, ce sont les richesses de la République Démocratique du Congo", a fait remarquer le chef de la diplomatie congolaise.

À lui de poursuivre :

"Nous avons démystifié, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a démystifié Paul Kagame qui s'agite tout le temps. Avez-vous vu M. Paul Kagame faire des interviews à la longueur des mois ? Il y a une interview qui circule maintenant dans Jeune Afrique où il dit que Tshisekedi pose des actes et qu'il ne connaît pas les conséquences de ces actes. Il va très loin, on lui dit : 'Vous prenez au sérieux des menaces ?' Il dit oui, je prends au sérieux, il est capable de beaucoup de choses, celui qui ne connaît pas ou ne mesure pas les conséquences de ce qu'il fait en hypothéquant l'avenir d'une communauté, les Tutsis congolais, qu'il a instrumentalisés, qu'il transforme en une marchandise qu'il vend partout. Nous sommes satisfaits aussi aujourd'hui si vous allez à l'Union Africaine, ce n'est plus le vent d'il y a quelques mois, on a avancé très sérieusement."

Christophe Lutundula a appelé à la patience d'autant plus que les résultats diplomatiques soutiennent le combat sur le terrain.

"Ce qu'il faut savoir, je comprends votre souci, la diplomatie appuie un combat, la diplomatie permet d'avancer sans faire couler le sang mais lorsqu'il y a une action militaire et le Président en est très conscient, notre diplomatie réussira d'autant plus que nous serons en mesure de soutenir notre armée, a ajouté Christophe Lutundula, VPM, ministre des Affaires Étrangères et Francophonie

La République démocratique du Congo, dans sa partie Est, fait face à l'activisme des groupes armés étrangers et locaux. La situation s'est détériorée davantage depuis la résurgence des rebelles du M23 soutenus par Kigali. Depuis l'année 2021, plusieurs pans de la province du Nord-Kivu sont sous le contrôle de ces rebelles. Ils veulent un dialogue direct avec Kinshasa, un schéma que rejette l'administration Tshisekedi, voulant dialoguer directement avec Kagame qu'elle considère comme le parrain du M23.

Clément MUAMBA