Carnage à Goma, le Congo pleure ses morts et réclame justice (Justice et Réparation pour Goma)

Ph. ACTAULITE.CD

Chers compatriotes,

Le 30 août, Goma a vécu l’horreur absolue. Plus de 50 compatriotes – hommes, femmes, enfants – sans armes et sans défenses ont été abattus de sang-froid en l’espace de quelques heures, et une centaine d’autres blessés. Les auteurs de ce massacre odieux ne sont ni les ADF-NALU, ni la CODECO, ni le M23, mais bien des unités dites spéciales de ceux-là même censés protéger tous les Congolais et leurs biens : les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ! 

Près d’une semaine plus tard, au-delà des condamnations et autres du gouvernement, la Commission Interministérielle envoyée à Goma quatre jours plus tard vient d’annoncer l’arrestation du Commandant de la Brigade et le commandant du 19ème Régiment de la Garde Républicaine, reconnaissant en cela la responsabilité pleine et entière de l’Etat congolais dans ce massacre sans que dans leur communication aucun mot ne soit dit sur le sort des victimes. Alors que près de 200 survivants de ce massacre qui ont été arrêtés, jetés dans les prisons déjà surpeuplées où il manque de tout, et traduits en catimini devant un tribunal militaire ! 

Près d’une semaine plus tard, aucune enquête judiciaire sérieuse n'a commencé, aucun mécanisme n’a été mis en place pour permettre aux familles d’identifier leurs proches et de préparer leur enterrement digne, tandis que les hôpitaux qui ont accueilli des blessés n’ont reçu aucune aide de l’Etat pour soigner adéquatement les blessés, qui sont en train de mourir les uns après les autres. Pour ajouter l’insulte au crime, ce weekend les autorités ont violemment dispersé des personnes qui s’étaient rassemblées au stade de l’Unité de Goma en vue d’un deuil collectif, et, toute la semaine, elles ont arrêté, menacé et intimidé des activistes de la société civile qui dénoncent ce crime odieux, et des journalistes qui essaient d’en faire la couverture. Dimanche, la visite du lieu du massacre par une délégation du gouvernement en compagnie du gouverneur militaire du Nord-Kivu et d’autres autorités, y compris parmi celles qui devraient être en train de rendre des comptes, a été vécue par les victimes et la population de Goma en général comme un supplice et une insulte de trop !  

C’en est trop, en effet ! 

En tant que citoyens, nous devons aller au-delà de l’émoi et agir afin, d’une part, de témoigner de notre solidarité envers nos compatriotes directement affectés. D’autre part, nous devons signifier de la manière la plus claire et la plus ferme aux autorités que nous ne pouvons pas les laisser continuer à nous massacrer et à cracher sur nos cadavres de cette manière, comme si les affres causées par les groupes armés et l’agression rwandaise ne suffisaient pas ! Il en va de la dignité de chacun.e d’entre nous, et de la considération des autres peuples à notre égard. 

Car rien, absolument rien ne pourrait justifier l'assaut des unités d'élite de l'armée, avec des armes de guerre contre des civils non-armés en pleine nuit, et un tel massacre. Ni les croyances religieuses de ce groupe, ni ses rites, ni ses opinions politiques, ni même le fait qu’ils aient projeté une manifestation publique. S’il y avait des raisons sérieuses de craindre des troubles à l’ordre public, la police aurait dû être déployée et, en cas de nécessité, utiliser une force proportionnée pour contenir d’éventuels actes de violence ! 

Rien, absolument rien ne pourrait justifier que les soldats de la Garde Républicaine, après leur forfait, aient profané les corps des victimes comme le montre les images insoutenables que de braves compatriotes ont réussi à filmer, et qui ont fait le tour du monde ! 

Nous les signataires de la présente déclaration, considérons que le massacre de Goma, vu les circonstances dans lequel il a été commis, pourrait constituer un crime contre l’humanité tel que défini par le Statut de Rome. Nous appelons le peuple Congolais dans son ensemble à rompre avec le silence et le fatalisme, et à se mobiliser afin d’obtenir que ce crime soit le dernier du genre commis sur des Congolais par leur armée. En plus de toutes les tragédies que nous vivons au quotidien, nous ne devons pas nous habituer à être aussi tués en masse par ceuxlà même qui sont censés assurer notre sécurité ! Après l’assassinat encore inexpliqué du député national Okende, le carnage de Goma est un massacre de trop.

Nous annonçons ce jour le lancement d’une série d’actions en vue d’assister nos compatriotes victimes directes du massacre de Goma. En même temps, nous exigeons, et appelons chaque Congolais.e où qu’il.elle se trouve d’exiger du président Félix Tshisekedi et de son gouvernement ce qui suit :

  • RECONNAISSANCE OFFICIELLE DE LA RESPONSABILITE DE L’ETAT 

Nous appelons le Président Félix Tshisekedi à s’adresser à la nation, reconnaître officiellement les événements du 30 août 2023 à Goma comme un massacre perpétré par l’armée Congolaise, demander pardon aux victimes et à la nation Congolaise, décréter un jour de deuil national, et annoncer des mesures concrètes prises pour que justice soit rendue et que pareil crime ne se reproduise plus. 

  • OBSÈQUES DIGNES POUR TOUTES LES PERSONNES TUÉES

Organiser, en concertation avec les familles, des obsèques dignes et nationales pour les victimes de ce massacre. 

  • SOINS DE SANTÈ ADÉQUATS POUR LES BLESSÉS ET ASSISTANCE AUX

VICTIMES

Disponibiliser immédiatement tous les moyens nécessaires aux soins de santé appropriés de toutes les personnes blessées, à l’aide humanitaire et psychologique aux survivants, à la reconstruction de l’église incendiée et de la radio saccagée et pillée par l’armée, ainsi qu’aux réparations des autres préjudices matériels subis par les membres du groupe « Wazalendo » et leurs voisins.   

  • ARRÊT DES POURSUITES ET LIBÉRATION DE TOUS LES FIDÈLES DE LA SECTE « WAZALENDO » ARRETÉS

Ordonner l’arrêt immédiat des poursuites et la libération de toutes les personnes arrêtées uniquement en raison de leur appartenance réelle ou supposée au groupe « Wazalendo », car cela n’est pas en soi un crime au regard de la loi. 

Pour ceux dont il y aurait des indices sérieux d’implication directe dans le lynchage d’un agent de la Police nationale Congolaise, veiller à ce qu’ils soient jugés par un tribunal civil, de manière impartiale, et dans le respect de tous les droits de la défense.

  •    MESURES CONSERVATOIRES IMMÉDIATES CONTRE LES RESPONSABLES ET ENQUÊTE JUDICIAIRE CRÉDIBLE, EXHAUSTIVE ET RAPIDE 

Pour lier la parole à l’acte, le Président de la République devrait suspendre sans plus de délai tous les responsables politiques et des services de sécurité directement concernés par l’intervention armée qui a abouti à ce massacre. En plus de deux officiers arrêtés, le Gouverneur militaire et Commandant des Opérations au Nord-Kivu, et le Maire de Goma doivent aussi être suspendus en attendant l’issue d’enquêtes judiciaire et parlementaire devant déterminer les circonstances et les responsabilités exactes. Ces enquêtes doivent être rapides, transparentes, exhaustives et impartiales, et aboutir à un procès public devant se tenir à Goma, contre les auteurs, les commanditaires éventuels, et les supérieurs hiérarchiques dont les actions ou omissions ont rendu ce massacre possible. 

  • LEVÉE AVEC EFFET IMMÉDIAT DE L’ÉTAT DE SIÈGE

L’état de siège ne doit plus être prolongé d’un seul jour, comme l’ont d’ailleurs recommandé les délégués à la Table Ronde qui s’est tenue sur le sujet à Kinshasa il y a de cela quelques semaines. Le Président Tshisekedi doit rendre le pouvoir aux autorités civiles des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, afin que l’armée se concentre sur sa mission constitutionnelle de combattre les groupes armés afin de défendre l’intégrité territoriale contre les agresseurs extérieurs.  

À tous les Congolais indignés, traumatisés, à tous ceux qui pleurent et souffrent en silence, à toutes les familles endeuillées et souffrantes… Continuons à lutter avec force contre les ennemis du peuple congolais, qu’ils soient dans nos institutions ou étrangers !

 

 

LES SIGNATAIRES :

 

LUCHA

FILIMBI

URGENCES

PANAFRICANISTES            CRONGD, KASAÏ ORIENTAL

LINAPEDHO GRAND

KATANGA 0815388040

COLLECTIF DES ONG

ŒUVRANT DANS LE          SECTEUR DE MINES,

ENVIRONNEMENT ET

ELECTRICITÉ EN SIGLE

COMEE/ASBL  (JOSIANE

MULEKA)

 

ACTION PAYSANNE CONTRE LA FAIM "APCF" (SANDRINE NSANGA) BIENVENU MATUMO

ESPOIR NGALUKIYE FABIEN MAYANI, Avocat

DONAT KAMBOLA, Avocat JIMMY MUNGURIEK, Avocat FREDDY KASONGO

MME ANGÉLIQUE NYIRASAFARI, PRÉSIDENTE DE FEDEM (FEMMES DYNAMIQUES DANS LES MINES), MASISI / GOMA

NICKSON KAMBALE, DIRECTEUR DU CENTRE POUR LA GOUVERNANCE.

ONG DE DROIT CONGOLAIS BWEMA BISIMWA TRÉSOR KISEMBO MACKY XAVIER

MARIANA BWEMA JAMAL USENI

BOB KABAMBA DIABIKULWA YVES

ERICK MILANO DIEUDONNE TSHIMPIDIMBWA IDRISS MUSEMO, PATRIOTISME OBLIGE COORDON AI RICHARD MANDOKA MBOLIBITA, INGÉNIEUR AGRONOME DU DÉPARTEMENT DE LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ET RENOUVELABLES, MILITANT DE LA LUCHA RDC, ACTIVISTE CLIMATIQUE ET PASSIONNÉ DE LA BIODIVERSITÉ EMMANUEL MABUNGUTA M., COORDINATEUR DU MOUVEMENT JUSTICE EN ACTION ALIMASI MOÏSE, COORDINATEUR PROVINCIAL (KINSHASA) DU MOUVEMENT CITOYEN LES CONGOLAIS DEBOUT JOSAPHAT MUSAMBA

BILLY MWANGAZA, COORDINATEUR DU MOUVEMENT POUR LE CHANGEMENT DE LA

CLASSE POLITIQUE (MCCP) VANESSA BAKAKI. 

JEAN JACQUES LUMUMBA  MAUD EKILA

KASONGO KALUMBA, PROFESSEUR D’UNIVERSITES

PIUS NDJOLI, doctorant en Droit public, Université Paris 13 JEAN CLAUDE MPUTU