RDC : « le président Moïse Katumbi n'est pas partenaire du président Tshisekedi, c'est son plus grand adversaire » (Steve Mbikayi)
Jeudi 21 octobre 2021 - 17:47
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Steve Mbikayi/Ph. ACTUALITE.CD

Steve Mbikayi Mabuluki, président national du Parti travailliste (PT) et membre de l’Union sacrée pour la Nation, a réagi ce jeudi 21 octobre, au débat suscité à la suite de l’entérinement de nouveaux animateurs de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). De sa propre réaction à la mission des confessions religieuses en passant par la position du parti Ensemble pour la République de Moïse de Katumbi, M. Mbikayi passe au peigne fin, dans une interview accordée à ACTUALITE.CD, les questions politiques relatives au processus électoral en RDC. 

Quelle a été votre réaction suite à l’entérinement des nouveaux membres de la CENI ?

J’ai été très satisfait mais un peu déçu parce qu’on a perdu du temps pour rien. Depuis plusieurs de quatre mois, j’avais prédit dans mes tweets qu’il n’y aura jamais unanimité sur un candidat président de la CENI. De tout le temps, il y a toujours eu des contestataires avec en tête certains princes de l'Église Catholique. Il fallait gagner du temps. Dieu merci, on a enfin un bureau de la CENI.

Depuis 2006, tous les présidents de la Commission électorale ont fait l’objet de critiques. Faut-il revoir le mode de désignation de ses membres ?

Il ne faut pas revoir le mode de désignation de la CENI mais il faut tout simplement supprimer cette institution inutilement budgétivore à l’instar du Sénat, du CNSA, de la CES …. et remettre l’organisation des élections au ministère de l’intérieur tout en renforçant le mécanisme de transparence. Après la conférence nationale souveraine, on croyait qu’avec les CENI en Afrique, il y aurait transparence et il n’y aurait plus de contestation après les élections. Ce n’est pas le cas parce que les résultats sont toujours contestés et les tricheries dénoncées. L’essentiel n’est pas d’avoir X ou Y président de la CENI mais plutôt d’empêcher ce président et son bureau d’avoir la possibilité de tricher. Si comme ailleurs les résultats sont publiés le même jour avec copies des PV à tout le monde, les organisateurs des élections n’auront pas beaucoup de marges de manœuvre. Dramatiser la désignation d’un président de la CENI est une preuve que chacun voudrait avoir un président qui l’aiderait à tricher. C’est un faux débat. Laissons les fonctionnaires s’occuper de cette tâche comme dans tous les pays démocratiques.

Les confessions religieuses ont-elles failli dans leur rôle de nomination de personnalités indépendantes ?

Les chefs des confessions religieuses sont des hommes comme vous et moi. Sauf qu’ils ont choisi ça comme profession. Leur gagne-pain. Vous avez choisi le journalisme, moi, j’ai choisi la politique et eux ont choisi d’être chefs des confessions religieuses. Le spectacle qu’ils nous offrent prouve qu’ils agissent comme tout le monde. Tribalisme, rancunes, avarice … On doit mettre fin au monopole qu’on leur a donné de désigner le président de la CENI parce que plus d’une fois, ils nous ont déçu.

Que doit maintenant faire le président Tshisekedi alors qu'il est sous pression notamment de ses partenaires politiques dont Moïse Katumbi ?

Le président Moïse Katumbi n’est pas partenaire de Tshisekedi. C’est son plus grand adversaire. Ça fait 10 mois que je l’affirme. Il sera notre principal concurrent en 2023. Et c’est de son droit. Je ne suis pas d’accord quand il veut sous prétexte d’être partenaire, il voudrait que Fatshi lui arrange le lit sur lequel il viendra dormir. Ça ne se fait nulle part. Ici comme ailleurs, ceux qui sont au pouvoir mettent tout en œuvre pour conserver ce pouvoir. Nous n’allons déroger à la règle. Dans un tweet, j’avais prédit que l’AMP d’avant 2011 va se reconstituer et coaliser avec l’équipe de Genève qui est aussi en voie de se reconstituer pour déboulonner Tshisekedi. Ils veulent être tous contre lui. C’est le moment de nous séparer avec eux et de nous organiser pour les battre à plate couture en 2023. Ils feront semblant d’être ensemble mais au moment des candidatures, ils vont se séparer. Nous, nous aurons un bloc compact autour de Tshisekedi. Quand nous aurons un gouvernement homogène, nous donnerons des réponses appropriées au peuple qui nous renouvellera sa confiance en 2023.

Pourquoi êtes-vous si dur envers Moïse Katumbi ?

Je ne suis pas dur envers le président Katumbi. Tout simplement je veux qu’il joue franc jeu. C’est lui qui sera leader dans l’autre camp. Il doit se déterminer pour nous livrer un combat loyal au lieu d’être parmi nous en nous combattant. Bientôt, il va annoncer son départ. Leur stratégie voudrait que ses ministres fassent semblant de désobéir pour rester au gouvernement, se faire les moyens avec lesquels ils vont nous combattre. C’est malin. Finalement, le président de la République doit s’assumer.

Lire la suite : RDC-CENI : Moïse Katumbi demande au Chef de l’Etat de rejeter la liste entérinée par l’Assemblée nationale

Propos recueillis par Stanis Bujakera Tshiamala

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